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Les Misérables et le métro au Musée Carnavalet

Art et Culture

Deux nouvelles expositions (ou plutôt trois) sur le Paris de Victor Hugo et Paris – littéralement – ‘underground’…

Anonyme, Petits ramoneurs se désaltérant à l’eau d’une pompe, sur le quai du Louvre, vers 1830 © Parisienne de photographie


L’exposition Les Misérables de Victor Hugo présente une lecture inédite des Misérables où Paris se révèle être le personnage principal du roman de Victor Hugo. Telle une enquête itinérante, elle suit la trame et la chronologie de l’œuvre et plonge le visiteur au cœur de l’intrigue sur les traces de Jean Valjean, Cosette, Fantine ou encore Marius… Le Paris des années 1815 à 1833 resurgit, évoqué par un ensemble d’environ 220 peintures, photographies, cartes, gravures et objets d’art, issus presque tous des riches collections de Carnavalet.

Inlassable piéton de la ville, Victor Hugo connaît bien ses quartiers et monuments, mais pour les nécessités de la narration, il prend des libertés par rapport à la réalité, déplaçant certains sites, modifiant la physionomie de certains quartiers. Des Champs-Elysées à l’actuel XIIIe arrondissement, du quartier du Marais aux boulevards extérieurs, du Luxembourg aux Halles, l’exposition permet de dévoiler la part du Paris réinventé sous sa plume de celle du Paris réel. Elle livre aussi au public les secrets de Victor Hugo, révélant les événements autobiographiques auxquels l’auteur fait souvent référence dans différents passages de l’ouvrage.

La présentation, qui confronte cartes anciennes et plans actuels, permet de resituer les épisodes du roman dans la capitale contemporaine, comme une invitation à une promenade sur les pas des Misérables. D’ailleurs, l’exposition se prolonge à la maison de Victor Hugo – à quelques minutes à pied (6, place des Vosges) – avec Les Misérables, un roman inconnu ? mêlant histoire et fiction, émotion et réflexion, œuvres des XIXe et XXe siècles, pour mieux appréhender la polyphonie de ce roman dont Victor Hugo disait lui-même qu’il était « l’un des principaux sommets, si ce n’est le principal de mon œuvre ».

L’autre exposition du Musée Carnavalet s’appelle Le métro parisien vu par Akemi Noguchi. Dans le cadre du 150ème anniversaire des relations franco-japonaises, le musée Carnavalet présente une cinquantaine de planches du graveur japonais.

Le visiteur est convié à une promenade souterraine au fil de stations presque désertes, parcourues par des rames fantômes, où surgissent des personnages incongrus : une femme tenant en laisse un cochon (La Chapelle), une fillette poussant un cerceau (Kléber), un cavalier (Gare d’Austerlitz) ou un motocycliste (Javel). Parfois, la mer envahit les voies, et on ne s’étonne pas alors d’y voir un couple de dauphins (Pont de l’Alma) et même un phoque au garde-à-vous, tenant seau et balai, qui côtoie un escadron d’avions de chasse (Châtelet-les Halles). Chaque station est prétexte pour l’artiste à la création d’un microcosme onirique issu des associations d’idées que lui suggèrent le nom de la station, le quartier où elle se trouve, les affiches qui y sont présentées, ou sa propre expérience.

Les planches, au graphisme épuré, sont toutes conçues sur le même principe, et montrent une portion de quai avec, toujours bien visible, le panneau nominatif qui permet d’identifier la station. La palette sobre, dominée par le noir et le beige, s’anime d’éclats de couleur: une pointe de vert cru ou de rose vif, de larges plages bleues évoquant le ciel ou l’eau viennent parfois relever la rigueur de la construction. Elles soulignent certains détails, éléments de signalisation, messages publicitaires ou vêtements des usagers.

Le regard différent et subtil qu’Akemi Noguchi porte sur le métro parisien influencera certainement la vision que ses usagers quotidiens et indifférents peuvent avoir du vaste réseau de la capitale.

Voici toutes les informations pratiques pour les expositions Les Misérables de Victor Hugo et Le métro parisien vu par Akemi Noguchi au Musée Carnavalet

Quand : du 10 octobre 2008 au 1er février 2009
: Musée Carnavalet, 23 rue de Sévigné, 75003 Paris. Métro Saint Paul (ligne 4) ou Chemin Vert (ligne 8). Bus n°s 29, 69, 76 & 96
Horaires : ouvert tous les jours sauf le lundi et jours fériés de 10h à 18h (dernier billet à 17h30)
Prix d’entrée : gratuit pour « le métro », sinon 5 euros pour les adultes, tarif réduit à 3,50 euros
Plus dinformation : ici


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