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Archive for février, 2010

Juliette Récamier – La Belle Juliette (1777-1849)

English version

Jeanne-Françoise Julie Adélaïde Bernard Récamier (4 December 1777 – 11 May 1849) was a Frenchwoman who was a leader of the literary and political circles of the early 19th century.
Born in Lyon, France, and known as Juliette, she was married at fifteen to Jacques Récamier, a rich banker more than thirty years her senior. It is believed that he was in fact her natural father who married her to make her his heir.
Beautiful, accomplished, and with a real love for literature, she possessed at the same time a temperament which protected her from scandal, and from the early days of the French Consulate to almost the end of the July Monarchy, her salon in Paris was one of the chief resorts of literary and political society that pretended to fashion. The habitués of her house included many former royalists, with others, such as General Bernadotte and General Moreau, more or less disaffected to the government. This circumstance, together with her refusal to act as lady-in-waiting to Empress consort Joséphine de Beauharnais and her friendship for Germaine de Staël, brought her under suspicion.

It was through Mme de Staël that Mme Récamier became acquainted with Benjamin Constant, whose singular political tergiversations during the last days of the Empire and the first of the Restoration have been attributed to her persuasions. Mme Récamier was eventually exiled from Paris by the orders of Napoleon I. After a short stay at her native Lyon, she proceeded to Rome, and finally to Naples. There Mme de Récamier was on exceedingly good terms with Joachim Murat and his wife Caroline Bonaparte, who were then intriguing with the Bourbons. She persuaded Constant to plead the claims of Murat in a memorandum addressed to the Congress of Vienna, and also induced him to take up a decided attitude in opposition to Napoleon during the Hundred Days.

Her husband had sustained heavy financial losses in 1805, and she visited Mme de Staël at Coppet in Switzerland. There was a project for her divorce, in order that she might marry Prince Augustus of Prussia, but, though her husband was willing, it was not arranged. In her later days she lost most of what was left of her fortune; but she continued to receive visitors in her apartment at L’Abbaye-aux-Bois, a 17h century convent (demolished in 1907), to which she retired in 1819. François-René de Chateaubriand was a constant visitor of her salon and, in a manner, master of the house. Even in old age, ill-health (she became almost blind) and reduced circumstances, Mme Récamier never lost her attraction. She seems to have been incapable of any serious attachment, and although she numbered among her admirers the duc de Montmorency, Lucien Bonaparte, Prince Augustus of Prussia,

Pierre-Simon Ballanche, Jean-Jacques Ampère and Constant, none of them obtained over her so great an influence as did Chateaubriand, though she suffered much from his imperious temper. If she had any genuine affection, it seems to have been for the baron de Barante, whom she met at Coppet.
Juliette Récamier died in 1849 of cholera at the age of 71 and was buried in the Cemetery of Montmartre.

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Juliette Récamier – La Belle Juliette (1777-1849)

La version française

Sans conteste, la plus grande figure féminine de la première partie du 19ème siècle et grande célébrité de l’époque napoléonienne. Elle illumine par sa beauté exceptionnelle et son esprit les salons mondains, littéraires et politiques. Tous les grands hommes du siècle sont amoureux de Madame Récamier.

Juliette a quinze ans lorsqu’elle épouse Jacques-Rose Récamier, riche banquier, de vingt sept ans son aîné. Son mari, lui, fait tout, pendant cette époque de Terreur, pour la protéger de l’influence qu’il juge corruptrice de la société parisienne. Ce qui n’empêchera pas la jeune femme de devenir l’une des figures de proue des événements mondains. Juliette était aussi intelligente, cultivée et pleine de douceur. Elle dansait à ravir, chantait, pinçait de la harpe et jouait du piano. Sa beauté et sa bonté ont fait d’elle une femme d’exception. La danse est l’un de ses plaisirs de jeunesse et contribue à sa mise en scène en public. Elle excella dans cet art, elle aimait la danse avec passion. Elle avait appris la danse du châle. Sa grâce attire tous les regards, y compris celui de Lucien Bonaparte qui, en 1799, la courtise assidûment.

Le salon qu’ouvrit Juliette Récamier devint bientôt le rendez-vous d’une société choisie, mais ne tarda pas à exciter les ombrages du pouvoir. La beauté et le charme de Madame Récamier lui suscitèrent une foule d’admirateurs. Elle fut l’une des premières à se meubler en style « étrusque » et à s’habiller « à la grecque », sous le Directoire, et joua de ce fait un rôle non négligeable dans la diffusion du goût pour l’Antique qui allait prévaloir sous l’Empire.
En 1802, elle se rend en Angleterre, où elle arrive auréolée d’une renommée internationale. Elle séduit par son apparente ingénuité, elle repousse les avances de ses soupirants sans pour autant les rebuter tout à fait.

L’amitié que Madame Récamier entretient avec Madame de Staël à partir de 1807 ajoute à la colère de l’Empereur. Juliette suit pendant cinq ans Germaine de Staël qui, pourchassée par Napoléon, déplace sa cour en province, à Coppet, puis à Chaumont-sur-Loire. En 1811, cette amitié vaut à Madame Récamier d’être exilée à quarante lieues de Paris. Elle choisit alors de voyager. Murat la reçoit à Naples. La nouvelle de l’abdication de son persécuteur, le 6 avril 1814, entraîne son retour. Le salon est rouvert. Elle y retrouve Madame de Staël, elle aussi revenue à Paris.

Éprouvée par de grands revers de fortune, elle alla s’installer en 1819 à l’Abbaye-aux-Bois à Paris, chez son amie la baronne de Bourgoing. Elle n’en fut pas moins recherchée du monde qu’elle fuyait, et vit sa retraite fréquentée par toutes les célébrités de l’époque : Chateaubriand, l’un des plus assidus, resta jusqu’à la mort son ami le plus intime.

Elle était si chaste, et Chateaubriand si vieux, qu’on disait;
Juliette et René s’aimaient d’amour si tendre
Que Dieu sans les punir a pu leur pardonner:
Il n’avait pas voulu que l’une pût donner
Ce que l’autre ne pouvait prendre.

Son salon est plus que jamais le centre intellectuel et artistique de Paris. Il le reste pendant un quart de siècle, jusqu’à la mort du « doux génie » qui l’animait.

Pour en savoir plus sur La Belle Juliette : www.labellejuliette.com

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Swans

English version

Hotel La Belle Juliette Logo by manu Blondiau (altdesign), Bruxelles

« Juliette’s sensibility and tastes were refined over time, thanks to her contacts with the artists, critics and art lovers she frequented, as well as her visits to Italy and the time she spent at her salon. Délécluze tells that he came across her one day talking with Jean-Jacques Ampère about his chronic of the 1824 salon that was published in the newspaper “Débats”. Even then, the very carefully studied décor of the hôtel on rue Mont-Blanc – with its numerous ornaments in the shape of stars or swans, soon to be essential elements of the Empire style – was proof that Juliette knew much about elegant neo-classicism, as shown by her collection. Mario Praz suggested a link between the “chaste sensuality” the Juliette was so famous for, and the icy, contemplative eroticism of Canova’s sculpture, a link that would have made their friendship easy to forge. Juliette Récamier, muse and patron of the arts « – Beaux Arts Museum of Lyon.
This is why we decided on a swan as the most fitting symbol for the logo of the hotel La Belle Juliette.
Staring as a young, timid lady from the provinces, she blossomed to become the muse of the salons of the time, so such a point that she was referred to as La Divine, La Belle Juliette, considered to be the most beautiful woman in Europe.
Also, the white of the swan was the favourite colour of Juliette Récamier.
And finally, because the swan is the animal most represented in furniture of the period, notably thanks to the Jacob brothers, who included it in several places in Juliette’s bedroom at the Hôtel du Mont Blanc.

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Cygnes

La version française

Le logo de l'Hotel La Belle Juliette. Conception graphique : manu Blondiau (altdesign), Bruxelles

« Son jugement se forme peu à peu, au contact des artistes, critiques et amateurs qu’elle fréquente, ainsi qu’au fil de ses visites en Italie ou au Salon. Delécluze rapporte ainsi la trouver un jour commentant avec jean-Jacques Ampère sa critique du Salon de 1824 parue dans le journal des Débats. Déjà, la décoration si étudiée de l’hôtel de la rue du Mont-Blanc, multipliant les ornements en forme d’étoile et de cygne, qui caractériseront bientôt le style Empire, ne pouvait que refléter un goût affirmé de la maîtresse des lieux pour un néoclassicisme gracieux, qui est aussi sensible dans les collections réunies par Juliette. Mario Praz a ainsi proposé d’établir un lien entre la « chaste sensualité » tant affichée par Juliette et l’érotisme glacé et contemplatif des sculptures de Canova, lien qui aurait facilité l’amitié née entre eux. » Juliette Récamier, muse et mécène – Musée de Beaux Arts de Lyon

Nous avons donc décidé que le cygne serait le meilleur symbole lorsque nous avons réfléchi au logo de l’Hôtel La Belle Juliette car :

-Juliette est une jeune provinciale toute timide qui devient une égérie des salons de son époque, qu’on la surnomme La Divine, La Belle Juliette car est considérée comme la femme la plus belle d’Europe.

-La couleur blanche qui caractérise le cygne et qui est la couleur préférée de Juliette Récamier.

- Le cygne aussi car c’est l’animal qui a été le plus représenté dans le mobilier de l’époque notamment grâce aux frères Jacob qui ont orné d’une multitude de représentations de cygnes dans la chambre de Juliette à l’Hôtel du mont blanc

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Hotel du Mont Blanc (Hotel Necker)

English version

Mobilier du salon de l'Hôtel du Mont Blanc par les Frères Jacob

On the 16th October 1798, the Récamiers bought Joseph Uginet’s townhouse (or ‘hôtel’) on rue Mont Blanc, previously rue de la Chausée d’Autin. Almost immediately, the couple hired architect Louis Martin Berthault to restyle it. The decoration for the hôtel was to launch his career. The young man imagined a harmonious interior with each detail conceived to complement or contrast the others using a variety of materials, colours and mirrors: wood fittings, wall decorations, furniture by the cabinetmaker Jacob… The pieces reserved for the reception rooms were particularly impressive.
The Hôtel Récamier soon became a Parisian curiosity that all important foreigners and French country-dwellers were eager to see. Generally, visiting meant attending one of the prestigious salons at rue Mont-Blanc. As was the custom at the time, Juliette also received in her bedroom, eager to receive admiring comments for the latest decorating trends on show there.
But the Hôtel Récamier was not to last long. On 17th November 1805, Jacques Rose went bankrupt and the couple was obliged to reduce their expenditure. The hotel was sold on 1st September 1808.

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L’Hôtel du Mont Blanc (Hôtel Necker)

La version française

Mobilier du salon de l'Hôtel du Mont Blanc par les Frères Jacob

Le 16 octobre 1798, les Récamier rachètent à Joseph Uginet son hôtel de la rue du Mont Blanc, ancienne rue de la Chaussée-d’Autin. Aussitôt après l’acquisition de leur nouvel hôtel, les époux confièrent le réaménagement à l’architecte Louis Martin Berthault. La décoration de cet hôtel lança sa carrière. Le jeune homme imagine un décor harmonieux conçu comme un ensemble : boiseries, tentures, meubles exécutés par l’ébéniste Jacob, se répondent ou s’opposent par de subtils jeux de matériaux, de couleurs et de miroirs. Les pièces de réception jouent un rôle clé dans la demeure.
L’hôtel Récamier devint rapidement une curiosité parisienne, que tous les provinciaux et étrangers de marque se devaient de visiter. Les occasions les plus habituelles de visites étaient les réceptions très courues de l’hôtel de la rue du Mont-Blanc. Comme cela se pratiquait alors, Juliette accueille également dans sa chambre à coucher, désireuse d’y faire admirer son goût pour les dernières tendances
La vie brillant de l’hôtel Récamier fut de courte durée. Le 17 novembre 1805, Jacque Rose fit faillite et le couple dut réduire son train de vie. Le 1er septembre 1808, l’hôtel fut vendu.

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Friends of Juliette (women)

English version

Despite her great success with men, many women were to be found amongst her friends, including:

Claire de Duras, a French writer, Clémence de Sermezy, sculptor, the Countess of Boigne who was also her benefactor and a great source of important information thanks to her memoirs telling of the restoration period and the July Monarchy, the Duchess of Devonshire, and English woman famous for her beauty and political activity, the Duchess d’Abrantès, wife of General Junot and colourful personality of the Empire, Delphine Gay, writer, and of course Madame de Staël who was her closest friend and mentor.

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Les amies de Juliette

La version française

Malgré son grand succès auprès de tous les hommes, beaucoup de femmes recherchaient l’amitié de Juliette. Elle comptait parmi ses plus fidèles amies :

Claire de Duras , écrivain français, Clémence de Sermezy, sculptrice, la Contesse de Boigne qui fut sa bienfaitrice,  témoin précieux grâce à ses mémoires de la période de la restauration et de la monarchie de juillet, la Duchesse de Devonshire, femme angalise célèbre pour sa beauté et son engagement politique, Madame d’Abrantes, femme du général Junot et personnage pittoresque de l’Empire, Delphine Gay, écrivain et bien sûr Madame de Staël qui fut sa plus grande amie et son mentor.

Claire de Duras (1777-1828)
Claire Louisa Rose Bonne, duchesse de Duras, née de Coëtnempren de Kersaint le 23 mars 1777 à Brest et morte le 16 janvier 1828 à Nice, est une écrivaine française surtout connue pour son roman Ourika, publié en 1823, qui analyse les questions d’égalité raciale et sexuelle. Elle est considérée par certains comme féministe.
Rentrée en France en 1808, elle revient, à la Restauration, à Paris où l’amitié de Chateaubriand, qu’elle avait rencontré en exil à Londres, lui ouvrira les milieux littéraires. Elle fut également l’amie de Germaine de Staël et de Rosalie de Constant, la cousine de Benjamin et de Juliette Récamier. Son mari sera admis à la cour de Louis XVIII et la renommée, dans le Paris post-révolutionnaire, de son salon fera de la maison des Duras un des centres de la vie littéraire parisienne.
Claire de Duras ne comptait pas faire carrière dans la littérature et c’est à contrecœur qu’elle céda aux pressions de Chateaubriand et publia anonymement, en 1823, Ourika un des trois brefs romans qu’elle avait écrits alors qu’elle s’était retirée à la campagne lors d’une maladie contractée vers 1820, les deux autres étant Olivier, écrit en 1822, mais publié en 1971 et Édouard, écrit en 1825, mais publié en 1996.

Clémence de Sermezy (1767-1850)
Clémence Sophie Daudignac née à Lyon, dans une famille aisée et cultivée, épouse en février 1789 le comte Antoine Noyel de Béreins de Sermezy, officier aux régiments de Noailles-Dragons et Royal-Dragons dont elle aura deux enfants, un garçon et une fille.
Clémence Sophie de Sermezy est l’élève du sculpteur néoclassique, Joseph Chinard (1756-1813), qui influence son style. Elle réalise d’abord des bustes de membres de l’Académie de Lyon ou de personnalités lyonnaises.
Sous l’Empire, Clémence Sophie de Sermezy, qui habite place Bellecour à Lyon, tient salon où elle reçoit l’élite de la ville ainsi que des personnalités de passage comme Madame de Staël ou Madame Récamier.
En 1818, elle devient académicienne associée. Outre les portraits qui sont ses sujets de prédilection, Clémence Sophie de Sermezy réalise des groupes de petites dimensions, en terre cuite, illustrant la vie quotidienne, issus de la littérature préromantique ou représentant des thèmes bibliques. Elle les traite de manière réaliste, avec beaucoup de délicatesse et parfois d’humour. Il reste peu de ses œuvres d’avant 1815, celles-ci ayant été détruites lors du saccage de son immeuble à Lyon, au moment du second retour des Bourbons.

Comtesse de Boigne (1781-1866)
Éléonore Adèle d’Osmond, comtesse de Boigne (1781-1866), est célèbre grâce à ses précieux Mémoires incontournables pour la connaissance historique de la Restauration et de la monarchie de Juillet. Durant son enfance, à Trianon, la reine Marie-Antoinette la caressait parfois. Amie d’enfance de la reine Marie-Amélie, elle fut monarchiste mais très libérale. Son salon parisien de l’Hôtel de Lannion, rue de Bourbon, celui de la rue d’Anjou (1830) et ses dîners du dimanche soir à Châtenay, ont attiré les grands acteurs de la vie politique et diplomatique de son temps. Chateaubriand la tenait pour une personne  » aimable, spirituelle, remplie de talents « , Sainte-Beuve pensait que si elle  » fût née homme, elle eût été ministre  » : elle a tout vu, tout compris, tout raconté avec une élégance piquante et une pénétration incomparable. Adèle revint en France en 1804 et fit partie, jusqu’à la chute de l’Empire, des cercles royalistes que Napoléon Ier tolérait. Elle se lia avec Madame de Staël et Madame Récamier.

La duchesse de Devonshire (1757-1806)
Lady Georgiana, fille du premier comte de Spencer et poétesse d’une grande beauté, est née en Angleterre. Grande tante de la contemporaine Lady Diana, belle sensible et excentrique, ses relations avec le prince régent, futur George IV alimentèrent les commérages londoniens. Un autre des ses exploits fut d’avoir conquis l’amitié de la reine de France, Marie-Antoinette. En politique, elle a été l’une des premières femmes anglaises à militer pour les droits de son sexe. Lady Georgiana avait épousé William Cavendish, 5e duc de Devonshire, un des hommes les plus riches du pays. Leur union ne fut pas heureuse.
Son salon de Devonshire House puis de Chiswick House, à Londres, accueillait le gratin politique de Grande Bretagne. Durant son voyage en Grande-Bretagne, Juliette Récamier, reçut la visite de la duchesse de Devonshire qu’elle a trouvée, malgré sa quasi cinquantaine, encore à la mode et belle. Georgiana avait un œil crevé qu’elle dissimulait sous une mèche de cheveux.

Mme D’Abrantes (1784-1838)

Laure Junot, duchesse d’Abrantès, née Permon le 6 novembre 1784 à Montpellier et morte le 7 juin 1838 à Paris, est une mémorialiste française.

Mariée au général Junot au début du Consulat, elle entre bientôt dans l’animation de la vie parisienne où sa beauté, son esprit caustique et son extravagance ne tardent pas à la faire remarquer.
De retour à Paris, sous la Restauration, elle devient monarchiste et traite Napoléon Bonaparte de monstrueux usurpateur. Mais surtout, elle rêve d’écrire pour ajouter à ses maigres revenus des droits d’auteur. C’est ainsi qu’elle devient la maîtresse du jeune Honoré de Balzac vers 1828, après s’être longtemps refusée à lui.
La Duchesse connaît cependant une triste fin de vie, jalonnée de difficultés financières et littéraires. Après quelques années de succès, les échecs se succèdent : Balzac ne travaille plus pour elle, elle le perd comme amant et elle doit louer un rez-de-chaussée rue de La Rochefoucauld où elle tente de reconstituer un salon avec des amis fidèles aux souvenirs de l’Empire. Juliette Récamier, Théophile Gautier (qui la surnommait « la duchesse d’Abracadabrantès »), des acteurs mondains et des douairières sont de ceux-là. Les journaux parlent de la Société des polichinelles au sujet des acteurs mondains. Mais le pire est à venir. Le libraire L’avocat refusant ses manuscrits, la duchesse tombe dans l’indigence, doit vendre son mobilier, et finit sa vie dans un hôpital où, faute d’argent, on la place dans une mansarde.

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Friends and lovers of Juliette

English version

All the great men of the times were in love with Madame Récamier, who cleverly transformed their amorous intentions into lasting friendships. These men were of all origins, ranks of society and political opinions. The only one who seems to have reacted badly to her gentle refusal was Napoleon Bonaparte, who forced her into exile.

Below is a list of suitors and friends:
Adrien de Montmorency, Matthieu de Montmorency, Lucien Bonaparte, Monsieur de la Harpe, Camille Jordan, Benjamin Constant, Pierre-Simon Ballanche, Paul de Noailles, Auguste de Staël, the Duke of Wellington, Antonio Canova, Prosper de Barantes, Paul François Jean Nicolas viscount of Barras, Eugène de Beauharnais, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, Jean-Baptiste Jules Bernadotte, Joachim Murat.

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Les amitiés et les amours de Juliette

La version française

Tous les grands hommes du siècle sont amoureux de Madame Récamier. Elle a su repousser toutes les ardeurs de ses soupirants qui sont tous devenu de fidèles amis. Ces hommes venaient de tous rangs et de toutes origines et de toutes opinions politique. Le seul qui semble ne pas avoir supporté le refus de toute intimité fut Napoléon Bonaparte qui l’obligea à s’exiler.

Voici une liste des soupirants et amis :
Adrien de Montmorency, Matthieu de Montmorency, Lucien Bonaparte, Monsieur de la Harpe, Camille Jordan, Benjamin Constant, Ballanche, Paul de Noailles, Auguste de Staël, le Duc de Wellington, Canova, Prosper de Barantes, Barras, Eugène de Beauharnais, Talleyrant, Bernadotte, Murat.

Les deux grands amours de sa vie furent sans conteste le Prince Auguste de Prusse avec qui Juliette eut une idylle courte mais très passionnelle et Chateaubriand dont relation dura 30 ans.

Ampère (1800-1864)
Ampère est né en 1800 et a achevé ses jours sous le Second Empire en 1864. C’est un héritier, disait de lui Barrès. Héritier de son père, d’abord, le scientifique André-Marie Ampère, membre de l’Académie des sciences. Mais c’est vers les lettres et particulièrement vers les littératures étrangères qu’il orienta sa vie. Le 1er janvier 1820, Ampère est présenté à Madame Récamier à l’Abbaye aux bois. Il en tombe fou amoureux. Et dans le salon de celle-ci, il croise le tout-Paris des lettres, il rencontre les grandes familles, Montmorency, La Rouchefoucauld, Bonaparte. Ami de Chateaubriand, il n’en est pas moins proche de Mérimée.
Il avait 50 ans lorsque Madame Récamier mourut. Egaré, affecté, c’est alors qu’il contracta une des ces « amitiés-passions » pour Alexis de Tocqueville qui réveilla sa curiosité intellectuelle.

Camille Jordan (1771-1821)
Issu d’une famille de commerçants lyonnais, son père fut recteur de l’Hôtel-Dieu, sa mère Marie-Elisabeth Perier était la sœur du banquier dauphinois Claude Périer, père de Casimir. Camille Jordan fit ses études chez les Oratoriens puis au séminaire de Saint-Irénée. Adversaire de la Révolution, et notamment de la constitution civile du clergé, il fut un des meneurs royalistes du Soulèvement de Lyon contre la Convention nationale en 1793. À la prise de Lyon, le 9 octobre 1793, il se réfugia d’abord en Suisse puis en Angleterre dont il admirait la constitution. Revenu en France, il fut mis sous surveillance à Grenoble puis se rendit à Paris où il séjourna chez Mme de Staël dont il fut l’ami ainsi que celui de Mme Récamier et de Chateaubriand. Opposé au Consulat à vie il écrivit un pamphlet « Vrai sens du vote national pour le consulat à vie ».Le 4 octobre 1816 il fut élu député de l’Ain. Il devint président de la Chambre, membre de la commission de l’Adresse et de celle du Budget. Réélu député en 1818, il se rapprocha de la gauche et devient un des chefs de l’opposition constitutionnelle et des Doctrinaires. Il a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Docteur Récamier (1774-1852)
Joseph Récamier naquit, le 6 novembre 1774, à Cressin-Rochefort, département de l’Ain, où son père était notaire royal ; son cousin, Jean Anthelme Brillat-Savarin, l’auteur bien connu de la Physiologie du goût, fut son parrain. La famille Récamier faisait partie de la bourgeoisie et plusieurs de ses membres furent magistrats, notaires, médecins dont Anthelme Récamier (1745-1791), chirurgien à Belley, tout comme son père et son grand-père. Par ailleurs, Jeanne Françoise Julie Adélaïde Bernard dite Juliette prit le nom de Madame Récamier Juliette Récamier par son mariage, en 1777 à Lyon, avec Jacques Récamier qui descend de la même lignée.
Suite au décès de sa mère, qu’il perdit très jeune, il eut pour précepteur son oncle Jean-Claude Récamier, curé de Villebois qui lui enseigna le latin et lui donna une éducation rigoureuse en rapport avec ses origines familiales. Il tomba amoureux de Juliette Récamier.
Il est décédé subitement le 28 juin 1852 à son domicile parisien : il avait 78 ans ; ses obsèques eurent lieu le 1er juillet en l’Eglise Saint-Sulpice et il fut inhumé au cimetière du Sud (Cimetière du Montparnasse) ; l’éloge funèbre, au nom de la Faculté de Médecine, fut prononcée par Armand Trousseau, par Camille Gibert au nom de l’Académie de Médecine et par Paul Caffe au nom de la Société Médicale d’Emulation, dont Récamier avait été secrétaire.

Duc de Wellington (1769-1852)
Né en Irlande en 1769, Arhur Wellesley, premier duc de Wellington, vaincra les armées napoléoniennes en Espagne, en France, jusqu’à la défaite finale de Napoléon à Waterloo le 18 juin 1815. Commandant des armées d’occupation en France, il joua un rôle majeur dans la seconde Restauration des Bourbons et empêcha le démembrement de la France. Le Duc Wellington, qui ne séjourna que deux jours dans la capitale française en juin 1814, passa naturellement une soirée au salon de Coppet. Il est présenté à Mme Récamier et il en tomba amoureux.

Eugène de Beauharnais (1781-1824)
Son honnêteté intellectuelle, sa profonde droiture contrastent avec l’aspect ambivalent de sa relation avec l’Empereur qui l’aimait mais doutait parfois de ses capacités.
Jeune homme accompli, d’une rare élégance, à la stature parfaite il anime avec sa sœur Hortense les après-midi et soirées de la Malmaison où l’on joue dans le petit théâtre La mariage de Figaro de Beaumarchais.
Officier puis colonel d’un régiment de la Garde Consulaire, il approche le Premier Consul et lors du sacre il siège juste après les maréchaux. Son dévouement lui vaudra la vice-royauté du royaume d’Italie qu’il administre sous la férule et l’autorité de Napoléon qui ne lui laisse aucune initiative. Il fréquenta le salon de Mme Récamier dès l’hiver 1799. Il visita régulièrement la belle au château de Clichy en 1802 et fut présent au grand bal masqué qu’elle organisa en 1805. Le mariage de sa fille aînée avec le filleul de Napoléon, Oscar de Suède, fils de Bernadotte sera sa dernière grande joie. Après plusieurs attaques d’apoplexie, il meurt en 1824 paralysé.

Fleury Richard (1777-1852)
Fils d’un magistrat, Fleury François Richard étudie au collège de l’Oratoire de Lyon puis à l’école de Dessin où il a pour professeur Alexis Grognard et où il rencontre Pierre Révoil. En 1796 il rejoint l’atelier de Jacques-Louis David à Paris. Fort du succès de ses premières créations, il fréquente l’intelligentsia parisienne, où son style troubadour est très en faveur, et devient le peintre de prédilection de l’impératrice qui acquiert plusieurs de ses tableaux alors que la renommée européenne de ses premières œuvres est saluée par Madame de Staël. Richard avait connu Juliette en 1802. En juin 1809, Richard fut souvent reçu par Mme de Staël, qui était venue à Lyon voir jouer Talma. Entre juin 1812 et février 18013, époque du séjour de Juliette à Lyon, Richard eut de fréquentes occasions de cultiver ses relations organisées chez Mme de Sermézy. Il resta intimement lié à Juliette Récamier jusqu’à la fin de sa vie.

Jean-François de La Harpe (1739-1803)
Jean-François de La Harpe, né le 20 novembre 1739 à Paris où il est mort le 11 février 1803, est un écrivain et critique français d’origine suisse. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Les nombreux détracteurs de La Harpe affirmèrent qu’il était un enfant trouvé qui devait son nom à la rue de Paris où on l’avait découvert. Lui-même déclara en 1790, dans une lettre adressée au Mercure de France, qu’il était issu d’une famille noble du canton de Vaud (Suisse), connue depuis le XIVe siècle.
Jean-François de La Harpe fut alors pris en charge par les Sœurs de la Charité de la paroisse Saint-André-des-Arts. Une bourse lui permit d’entrer au collège d’Harcourt. En 1764, il épousa la fille d’un cafetier, mais ce mariage ne fut pas heureux et les époux se séparèrent bientôt.

Lucien Bonaparte (1775-1840)
Lucien Bonaparte fut le troisième fils de la famille Bonaparte. Il est né le 29 juin 1775 à Ajaccio. Il suit une carrière militaire comme Napoléon.
Lucien rêve d’un grand changement, un évènement qui lui permettrait de devenir indépendant. La Révolution, justement, lui apporte des idées « enragées ». Il est arrêté en 1795 et échappe de peu à la guillotine, grâce à l’intervention de Napoléon.
C’est peu avant le 18 Brumaire, au printemps 1799, qu’il fait la connaissance de Juliette lors d’un dîner. Il lui voue immédiatement une passion qui fait l’objet de lettres enflammées, d’abord adressées par « Roméo à Juliette » puis sous sa véritable identité. Mme Récamier, pour la première fois objet d’un amour publiquement avoué, est d’abord déconcertée. La passion de Lucien dure un peu plus d’une année, jusqu’à ce que le soupirant, conscient de ne rien pouvoir obtenir de cette femme renonce à sa conquête. En 1814 il décide de se rendre à Rome et le Pape Pie VII le fait prince de Canino, tandis que Napoléon le nomme Prince français. Louis XVIII le fait pair de France, ce qui le décidera à regagner la France. Il finira ses jours entre Paris et l’Italie, et mourra le 29 juin 1840 en Toscane.

Mathieu de montmorency (1767-1826)
Partisan des philosophes, il fit la guerre de l’Indépendance américaine et fut maréchal de camp. Député de la noblesse aux États généraux, il se réunit au Tiers état, puis il émigra en Suisse chez Mme de Staël. Il fut l’ami de Louis XVIII, de Mme de Staël et de Mme Récamier.
C’est par son cousin Adrien, Duc de Laval, admirateur de la belle Juliette, qu’il est reçu à son tour dans le salon de la rue du Mont-Blanc. Il tombe lui aussi sous le charme de la belle hôtesse dont il devient l’ami fidèle, le confident. Séjournant à ses côtés à Coppet, la retrouvant dans son exil à Chalons, puis à Lyon, il acquiert conjointement avec elle la demeure de la Vallée-aux-loupsen 1818. Il décéda le 24 mars 1826 au désespoir de Juliette, qui cultivera sa mémoire à l’instar de celle de leur amie commune Mme de Staël.

Paul de Noailles (1802-1885)
Né à Paris, le 4 janvier 1802.
Il fut pair de France en 1823, mais ne siégea qu’à sa majorité en 1827. Chevalier de la Toison d’Or, orateur parlementaire et auteur d’une Histoire de Mme de Maintenon. Ami et confident de Chateaubriand, il se présenta à l’Académie pour lui succéder, avec l’appui de Mme Récamier, de la princesse de Liéven et du duc Pasquier ; il fut élu le 11 janvier 1849 par 25 voix sur 31 votants, Honoré de Balzac obtint 4 voix. Ce résultat souleva des colères et des protestations dans la presse littéraire et dans le public lettré. Le duc de Noailles, qui forma avec les ducs Pasquier et Victor de Broglie, le parti des ducs, fut reçu le 6 décembre 1849 par Henri Patin. Il fut doyen de l’Académie pendant sept jours.

Prosper de Barante (1745-1814)

Issu d’une noble famille auvergnate, Prosper de Barante fut admis à l’École polytechnique en 1798 et débuta sa carrière dans l’administration à Carcassonne (1800), où son père, Claude-Ignace Brugière de Barante (1745-1814), était le premier préfet de l’Aude. C’est en 1809 qu’il rencontre Juliette Récamier. Il la retrouve durant l’été à Coppet, ils se rapprochent ensuite durant l’automne 1808 et le jeune homme tombe amoureux de Juliette.

En 1810, Barante rencontra, par l’intermédiaire de Suard, dont son père fréquentait le salon, le jeune François Guizot, qui devait devenir l’un de ses meilleurs amis pour le restant de sa vie. Après la Seconde Restauration, il fut nommé par Louis XVIII conseiller d’État et secrétaire général du ministère de l’Intérieur, et assura même l’intérim du ministre de l’Intérieur jusqu’à l’arrivée du comte de Vaublanc (1815). Il fut alors nommé directeur général des contributions indirectes, fonctions qu’il occupa pendant quelques années. Le ministère de réaction qui succéda au ministère Decazes le 17 février 1820 élimina Barante du Conseil d’État et lui offrit en compensation l’ambassade du Danemark, qu’il refusa. Il se livra alors entièrement à ses travaux historiques, tout en s’associant, à la Chambre des pairs, à l’opposition de la minorité à tous les ministères de la Restauration à l’exception de celui de Martignac.

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