La Galerie Kamel Mennour présente les oeuvres de 3 artistes aux techniques et aux univers très différents.

Jason Glasser "Icicles & artics T.V.'s"
C'est surtout pour Jason Glasser que nous irons voir cette esposition qui ne dure pas longtemps.


"You're under arrest" (détails), 2000
(peinture à l'huile sur verre)/(oil paint on glass)
© jason glasser. courtesy galerie kamel mennour

Artiste américain ayant fait ses études à New York, Jason Glasser a été influencé comme tous ses prédécesseurs par son environnement proche, la nature US et si cette dernière est très présente dans ses dessins c’est peut-être parce que, comme les voitures américaines, elle est plus gigantesque, plus massive. L’art de Glasser se rattache à des Georges 0’Keefe ou à des Arthur Dove qui ont avant lui réalisé de nombreuses illustrations de la nature américaine avec une tendance à abstractiser le paysage. Mais son art ne se réduit pas à une réévaluation du thème de la nature qui pourrait expliquer son classement en tant qu’artiste “vert”. Glasser se nourrit de la rue, des voitures, des avions, des toits, des stations services et des cactus avec une espèce de boulimie enfantine pour tout ce qui compose le spectacle de l’Amérique, nature et ville mélangées, son incroyable richesse, sa densité extrême. En fait, plus que la nature, c’est l’entour qui le préoccupe et l’inspire avec une sorte d’indifférence pour le sujet, à la manière d’un Petibon dont il s’avère être un émule. A la différence de ce dernier cependant, on ne trouve pas chez Glasser de thématique préférentielle comme le surf qui renverrait à une espèce de way of life, un dessin “ethnicisé” en somme. Les expositions de Glasser sont généralement ordonnées autour d’un motif diffus, réaliste ou magique, qui infuse à travers l’ensemble des pièces : à chaque fois, il s’agit d’installer un paysage particulier, de construire une “ambiance”.


"Spectre marin 2", 2006
série "Icicles & Arctic T.V.s"
peinture à l'huile sur verre / oil painting on glass.
© jason glasser. courtesy galerie kamel mennour, paris


Lamia Ziadé, "I'm so glad you found me"
Artiste libanaise installée à Paris à 18 ans.

Les tableaux en reliefs de Lamia Ziadé sont un concentré d’intime, du pur fantasme capturé sur une toile à motifs imprimés. Sulfureuses, ces séquences érotiques sur papier laissent apparaître des coutures, des collages, des assemblages et des broderies de tout poil. Un artisanat apparemment bien sage et des techniques bien féminines détournées au profit d’une sexualité jouissante, insoumise et assumée ; l’artiste a pailleté ses scènes, y a incrusté divers éléments : du tissus d’ameublement au tapis de prière, des bouteilles de mini-bar aux appuie-têtes Air France, tout nous invite à perdre pied.


"et que la ville elle-même vibre d'une tonalité différente" dessin et collage
© lamia ziadé. courtesy galerie kamel mennour


Pierre la Police " The Supremacist"
Il a longtemps apporté son absurdité aux Inrockuptibles.

Pierre La Police cultive l'anonymat. Aucune photo, aucune notice biographique précise pour savoir où et quand il est né, ni quel est son cursus, ne circulent que des approximations non vérifiées. Depuis les années 90, il dissémine ses dessins et ses films courts dans les medias, presse et télé.


Extrait de la série "The Supremacist". (dessin - encre sur papier / drawing - ink on paper)
© pierre la police. courtesy galerie kamel mennour