"Portraits publics, portraits privés" aux galeries nationales du Grand Palais à Paris du 4 Octobre 2006 au 8 Janvier 2007.
:: Informations Culturelles et Artistiques
Confrontant, dans un dialogue signifiant, quelque 140 peintures et sculptures, issues de collections publiques et privées, européennes et américaines, l’exposition tente de saisir ce moment, entre public et privé, où d’autres règles du portrait s’établissent.

Joshua Reynolds, Mrs Abington 1771.
Entre 1770 et 1830, le portrait peint, très en vogue dans les pays anglo-saxons, reste un genre mineur dans la hiérarchie établie en France par l’Académie, derrière la peinture d’histoire. Néanmoins, tout comme le portrait sculpté, il prolifère en Occident, répondant à une forte demande publique et privée. Loin de ne s’appuyer que sur les codes traditionnellement établis, dictés par le souci de l’apparat et du prestige, l’art du portrait connaît un essor sans précédent et s’affirme peu à peu comme le genre moderne par excellence.
Dans le grand mouvement qui traverse les Lumières, la Révolution et l’Empire jusqu’au Romantisme, le droit à l’image, cessant d’être une distinction patricienne, s’élargit aux autres couches sociales, bourgeoises tout du moins. C’est à la célébration des « grands hommes » et à la commémoration de leurs vertus qu’il se voit affecté. En témoigne la création de panthéons à Rome, Paris, Londres (Westminster, cathédrale Saint-Paul) ou près de Ratisbone (Walhalla) où dans un esprit national s’exposent les bustes de souverains, de héros militaires, de révolutionnaires.
A cette époque où naît l’idée de célébrité, les témoins d’une société ouverte - de l’écrivain à la cantatrice, reine de la mode - revendiquent également ce droit au portrait. L’actrice Sophie Arnould fait ainsi reproduire son buste en série pour le diffuser auprès de ses admirateurs. Issu de commandes privées, le portrait se montre de plus en plus dans les expositions publiques (notamment au Salon, en France) au risque d’être rejeté par l’opinion : « Ce qui fatigue et quelquefois révolte, c’est de trouver là une foule de bustes, de portraits d’hommes sans nom [...] Ces visages semblent dire : j’ai payé par orgueil pour être ici sur la toile ou en marbre », a pu noter un contemporain.
En se démocratisant, le portrait se recentre sur le modèle et sa psychologie, faisant écho aux idées rousseauistes qui affirment le primat de la nature sur la condition. L’autoportrait constitue, dans cette perspective, un formidable lieu d’expérimentation. Le portrait de souverain enregistre cette évolution au cours de la période : le Pie VII de Lawrence (Windsor Castle, Waterloo Chambers) révèle ainsi une tension entre l’éternité du pouvoir et son incarnation humaine.
L’exposition déploie ainsi une véritable anthologie des grands personnages de leur temps. Goya, Reynolds, Mme Vigée-Le Brun, David, Houdon, Canova, Lawrence, Ingres, Delacroix… les plus grands artistes ont saisi la personnalité de tous leurs modèles, dans le luxe des signes de leur appartenance sociale : formats imposants, étoffes somptueuses, coiffures apprêtées… comme dans le secret de leur vie privée.
INFOS PRATIQUES
Galeries nationales du Grand Palais
Entrée Clémenceau
75008 Paris
Tél. : 01 44 13 17 17
Horaires
Tous les jours, sauf les mardis, de 10h à 20h, le mercredi de 10h à 22h.
Fermeture des caisses 45 minutes avant. Fermé le 25 décembre.
Prix d’entrée
• sans réservation: tarif plein 10 €; tarif réduit 8 €.
• sur réservation : supplément fixé par chaque réseau de vente.
La réservation est conseillée : elle permet d’entrer dans un délai d’une demi-heure suivant l’horaire choisi.
• accès illimité avec la carte Sésame.
Pour toute information complémentaire, vou spouvez consulter le site du Grand Palais:
Les galeries nationales du Grand Palais

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