Usagi, un restaurant japonais dans le Marais à Paris

Oui, le propriétaire est un fou de lapins. Il y en a partout. Ils de reproduisent ! Mais est-ce qu’on y mange bien ? Nous vous donnons notre honnête opinion…

photos : JasonW


C’est mignon, un lapin, mais qu’est-ce que ça se reproduit vite. Chez Usagi (‘lapin’ en japonais) ils ont colonisé le restaurant entier ! Sur le comptoir, sur les étagères, sur les murs… ils sont partout, jusque dans les toilettes ! D’ailleurs les toilettes se trouvent à l’intérieur-même d’un lapin géant. Voilà quelque chose que ne voit pas tous les jours.





Nous avons adoré le design du lieu, fait avec beaucoup d’humour et les meubles rétro. Du caractère à revendre, il semblait que notre repas allait bien se passer !

Sur la carte… un lapin et l’explication du concept qui a inspiré les plats proposés.

C’est une belle histoire et le mélange d’ingrédients paraît goûteux. Nous avons donc commencé à parcourir la carte. Voici celle du midi, avec une surprise de taille, le prix : 35 euros. C’est plutôt cher pour un déjeuner, même un déjeuner-concept inspiré par des moines millénaires.

Sur la page suivante, la carte du soir…

Sans surprise, les prix étaient encore plus élevés, et un calcul rapide donnait le prix pour une personne mangeant trois plats entre 42 et 52 euros (sans les petites assiettes d’accompagnements qui ne sont pas inclus !). Avec le vin, à deux, comptez 130€. Aïe ! Mais bon, si le repas est de qualité… En tout cas, nous avions eu de bons échos par des amis. Nous avons donc passé commande.

En attendant l’entrée, une petite salade nous a été servie. Une petite touche appréciable, avec un goût pas mauvais mais assez neutre (pour préparer le palais sans doute). Nous avons aussi remarqué que les lapins étaient aussi dans l’assiette 😉


Une fois notre mini-entrée terminée et rangée, et après quelques ‘pings’ du micro-onde – la cuisine est séparée de la salle par un mince rideau noir – nos entrées sont arrivées. Nous avons chacun pris notre première bouchée… avant de nous regarder avec stupéfaction. C’était sans goût. Chaud, mais alors sans goût. Pas ‘subtil’, pas ‘mangeons-le lentement afin que toute la saveur de développe‘ non c’était sans goût. La Soupe du Moine au fameux bouillon “shôjin dashi”, miso blanc, Daïkon (un grand radis blanc de l’Asie de l’Est) et tofu était joli mais avait le goût de l’eau chaude et un bouillon cube.

Les îlots de tofu avaient l’air frits et n’avaient pas de goût non plus, servis encore dans le ‘Shôjin dashi’ (sans goût).

Nous avions du mal à le croire. Les choses commençaient à se gâter. Après avoir été les premiers clients du soir, d’autres tables sont arrivées. Deux journalistes de mode avaient pris place au milieu de la salle pour être les plus vues. Ailleurs, un couple s’est attablé, l’homme convaincu que c’était un lieu qui impressionnerait de sa compagne. Soudain, nous avons compris : Le décor, Le concept… Les prix. Nous avons été victimes de la hype ! Paris comporte plusieurs de ces restaurants où l’on va pour être vu, plutôt que pour bien manger, des restaurants chers, aux plats sans intérêt, où il faut être. Nous sommes passé par plusieurs états allant de la consternation à la colère pour enfin finir par un éclat de rire !

Car l’atmosphère était de plus en plus ponctuée par les doux ‘pings’ du micro-onde, chauffant les plats des autres. Personnellement, à 25 euros le plat, je n’ai pas besoin que l’on me rappelle que mon dîner vient de sortir du micro-onde. Nos plats sont arrivés. allions nous nous faire manger par des lapins ou allions nous nous transformer en dindons ? 🙂

J’avais demandé le steak de thon bien cuit. Il était froid et saignant, et j’ai dû le renvoyer. Ce qui a provoqué un ‘ping’ de plus du micro-onde. Chouette.

Le bouillon Soba et son riz complet était plein de spaghetti bizarres, ni beaux – pas vraiment gênant – ni goûteux. Nous nous sommes jetés sur le sel afin de rendres les plats plus mangeables (pourtant, ce n’est pas dans nos habitudes).

Voulant nous flageller, ou disons plutôt prenant nos chroniques de restaurants très au sérieux – nous avons décidé de prendre un dessert chacun. A vrai dire, nous avions toujours assez faim. Le cake thé vert et miso n’était pas franchement extraordinaire. Heureusement qu’il n’a coûté que 8 euros (seulement) !<

Par contre, le sorbet d’avocat et sirop d’érable (vu ici avec le cake en fond) nous a surpris par sa texture rafraichissante et son goût différent. Enfin !

Malheureusement, il était trop tard pour que Usagi remonte dans notre estime. Des poseurs, des prix et des ‘pings’ ont gâché note soirée et déçu nos papilles. On pourrait presque dire que le plus salé, c’était la note ! En tout cas, mon appréciation des lapins a radicalement changé…

Vous pouvez voir les autres photo du restaurant dans la galerie Flickrici. Peut-être vous donneront elles quand même envie ?

Usagi se trouve au 58 rue de Saintonge, 75003 Paris. Métro Filles du Calvaire (ligne 8)
Ouvert du mardi au samedi pour le déjeuner et le dîner.
Telephone 01 48 87 28 85
Website (quasi vide): www.usagi.fr


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